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Comédies.

 
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Aaxeï
Esclave au Manoir Eadwig


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MessagePosté le: Sam 22 Nov - 14:12 (2008)    Sujet du message: Comédies. Répondre en citant

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Il avait ouvert la marche de force jusque dans la pièce ou Enlil l'avait poussé. Ou conduit, comme vous préférez. Il avait allumé la lumière, parce que c'est un geste machinal quand on entre dans une pièce qui est obscure. Et alors qu'à présent Enlil vient de refermer la porte sans lâcher Aaxeï des yeux, Aaxeï est debout au milieu de rien et il regarde ses doigts. Ses ongles. Il en porte un à sa bouche, plus par manie que par angoisse, plus pour être en train de faire quelque chose que pour se ronger réellement l'ongle.
Il sait très bien ce qui va lui arriver maintenant mais quand c'est un genre de choses qui arrive depuis qu'on est un enfant, on prend l'habitude de se dire que ce n'est qu'un mauvais moment à passer, et quand ce sera terminé on souffrira, c'est vrai, mais bon. Au moins ce sera terminé.
Ca ne fait aucun doute., quelque soit le sens que peut prendre le mot terminé.
A cette idée il s'imagine, un brin rêveur, Enlil le tuant. Il imagine d'abord l'acte dans un esprit volontaire, Enlil l'assassinant de sang froid et un frisson d'excitation lui effleure la nuque, une espèce d'angoisse acide mais si ... hm, délicieuse. Un sourire invisible tirerai presque sa bouche mais il a le tact de ne pas céder à l'envie. Pas ici, ni maintenant.
Il lève un regard sur Enlil, si bref qu'il ne croise même pas ses yeux et il fixe le sol en pensant.
Il imagine l'acte de façon accidentelle. Il voit Enlil le frapper tant et si fort, et lui être tellement découragé qu'il se laisserait abattre, et quand Enlil se rendrait compte qu'il l'aurait tué, que se passerait-il ?
Il essaie d'imaginer, mais tout passe très vite, imaginer sa réaction. Est ce qu'il serait satisfait, ou en colère ? Est ce qu'il serait en colère contre lui-même ou contre Aaxeï qui se serait laissé mourir alors qu'il avait déjà tenu vingt ans ? Est ce qu'il regretterait ?
Un instant la voix de sa mère lui traversa l'esprit.
Et il leva un regard indifférent mais docile sur Enlil.
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MessagePosté le: Sam 22 Nov - 14:12 (2008)    Sujet du message: Publicité

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Enlil
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MessagePosté le: Dim 23 Nov - 07:03 (2008)    Sujet du message: Comédies. Répondre en citant

Et le premier coup s'abattit sur son visage. Le genre de coup assez fort pour faire mal, mais pas assez pour blesser sérieusement.
Le bras toujours suspendu dans les airs, le maître ne cessait de fixer son esclave. Et alors que la cérémonieuse correction débutait, les traits d'Enlil se tordirent en une grimace de haine douloureuse que seule la souffrance occasionnait. La relation qui le liait à Aaxei était un secret encore plus grand que le projet de coup d'État menée par la Rébellion.
Son torse se soulevait rapidement sous l'effet de sa respiration irrégulièrement accélérée. Ses deux yeux ne se détournaient pas un instant. Comme s'il espérait transpercer son cadet, le déshabiller, le dépouiller, toucher l'âme cachée au plus profond, créer un pont entre eux deux, pour lui transmettre de sa douleur, lui faire savoir où était le problème. Mais aujourd'hui pas plus que les autres fois, Enlil se trouvait confronter à la frustration. Car seul par ses poings il pouvait lui transmettre sa peine.

« Je n'accepte pas... »

Un deuxième coup dans l'autre sens, de la même intensité que le premier, frappa Aaxei au visage. Tant mieux que lui ne le regarde pas dans les yeux. Ça évitera qu'il voit l'humidité qui y règne.
Enlil sentait sa chose échapper à son contrôle, chaque jour un peu plus depuis quelques temps. C'est ce qui aujourd'hui provoquait cette colère qu'il réussissait de moins en moins, seconde après seconde, à contrôler.

« ... Que tu te permette de t'éloigner de moi de la sorte. »

Sa voix était sombre, sourde, tremblante. Son état n'était que le résultat de graduelles frustrations et peines. Maintenant, ici, il ne contenait plus la pression. L'abcès douloureux cédait.

« Tu es à moi. »

Entendre ce genre de paroles démentes n'était pas bon signe. Cela signifiait qu'Enlil perdait le contrôle de sa raison.
Un autre coup tomba.
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Aaxeï
Esclave au Manoir Eadwig


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MessagePosté le: Dim 23 Nov - 08:15 (2008)    Sujet du message: Comédies. Répondre en citant

C'est quand Enlil s'approche que les yeux d'Aaxeï se ferment. Les sourcils froncés dans une sorte d'anticipation de la douleur, de la rage sourde. Les traits de son visage se reserrent, quelques rides se creusent. Une sur le front, et les rides d'amertume, qui sont déjà très profondes. C'est un tout petit instant, avant de sentir dans l'air le déplacement violent des particules.

Le premier coup. Le premier coup plus douloureux que fatal. Il reste là sans air, vascillant, n'entendant plus aucun autre son que le sifflement suraigu, le sifflement suraigu dans le fond de son oreille. L'autre oreille, est devenue sourde. Peut être. Par solidarité. Ou alors elle est juste obsédée par les gémissements de la mâchoire, un léger goût de sang sur le côté de la lanque, qui a sûrement du se retrouver coincée entre les molaires sur qui le coup a fait pression.
Un sanglot monte dans sa bouche, se traduit à peine par un léger haut le coeur.
La douleur est obsédante, mais je ne vous apprends pas qu'Aaxeï s'y connaît en douleur, s'il ne s'y connaît pas en survie.

Son souffle rauque s'échappe enfin de ses poumons et il reprend nerveusement une nouvelle inspiration.
Sa bouche déformée par l'instant de déboussolement qu'il subit, les yeux mi-clos aveuglés de sel. Son bras gauche s'étire vers l'arrière, cherche, cherche quelque chose où s'appuyer.
Mais il n'y a rien, et le deuxième coup tombe.
Aussi violent que le premier, moins douloureux en apparence mais plus difficile à encaisser. Ses poumons se vident et convulsent, avalent l'air dans une grande bouffée qui s'enfuit aussitôt. Enlil a dit quelque chose.
Ses oreilles sifflent.
Des larmes ont glissé de ses yeux mais ses yeux continuent de se noyer en silence. Son corps se redresse, quand il étire sa carcasse, se tenant les mains sur les reins. Juste un peu de sang au bord d'une narine, une toute petite fente rouge sur le coin de la bouche. Sa tête vascille en arrière et ses yeux se posent sur Enlil, ils ont l'air de regarder de haut même s'ils regardent d'en bas.

Tu es à moi.

Il souffle et un nouveau coup tombe.
La nausée le prend avec violence alors qu'il tombe au ralenti, se retenant autant qu'il peu mais sans vraiment réussir. Il finit par poser un genoux par terre, puis un autre, pour s'assoir sur ses jambes. Replié sur lui même, le souffle court, ses mains tremblent un peu. On a beau être habitué aux coups, il n'y a pas tous les jours des corrections, et même si c'était le cas, on s'habitue peut être à la douleur mais ceux qui ont dit qu'à la longue on ne la sent plus ont menti.
Il inspire et il expire.
Il recommence, encore une fois puis encore une autre.
Rouvre ses yeux, regarde devant lui les jambes d'Enlil. Un gémissement de fatigue soudaine s'échappe de sa gorge alors qu'il lève un bras par dessus sa tête, main tendue comme un drapeau blanc, et de l'autre il touche son nez, du bout des doigts, essuie la goutte de sang sur son pantalon. Et par dessous sa main, lève un regard dur sur Enlil.

"Tu crois vraiment, il réffléchit une seconde, que c'est ça qui va me faire rester ... ?"

Sa colère monte un peu dans son cerveau, prend juste un peu plus de place que d'habitude, juste un peu trop. Ses joues se pincent, son regard prend quelque chose d'étrangement sévère, aussi déplacé que ce soit.
Mais quand il parle encore, sa voix est plutôt triste, pas vraiment engagée.

"Parfois j'me dis que j'aimerai mieux mourir au lieu qu'tu m'fasses vivre ça."
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Enlil
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MessagePosté le: Dim 23 Nov - 09:37 (2008)    Sujet du message: Comédies. Répondre en citant

Les paroles démasquées étaient rares, même inédites, entre eux. Tout comme Enlil s'était rarement montré si possessif, Aaxei s'était rarement montré si rebelle envers son maître. Belle ironie, pour le leader du mouvement terroriste, n'est-ce pas ?
Vous aimeriez savoir ce qu'il se passe entre eux ?
Depuis qu'Enlil avait perdu sa mère et avait été forcé de vivre au manoir royal, Aaxei était son esclave personnel. Alors que le neveu Eadwig souffrait autant que son cousin de solitude et de manque d'amour, son servant s'était révélé être le seul élément stable de « bien-être » dans sa vie. Aaxei avait grandi auprès de lui, attaché à répondre à ses moindres caprices (même s'il n'en avait que très peu), à prévenir le moindre de ses besoins, à faire en sorte qu'il se sente bien... C'était une occupation forcée, certes, mais qui avait servi de substitut à l'amour qui lui manquait tant.
Enlil paraissait être un vrai monstre n'est-ce pas ? Mais à l'instant, il n'était autre que désespérément humain.
D'un geste vif et brutal, il vira le bras qui s'élevait comme une énième barrière entre eux. Cette fois-ci des larmes de rage coulaient sur les joues du soldat. Son cœur s'était serré à lui en faire horriblement mal, et il eut comme envie de crier à Aaxei qu'il pouvait être fier car ce qu'il venait de dire avait eu l'effet escompté : ses mots l'avaient blessé profondément, comme une riposte de violence égale. Bien joué. Et voir ses larmes, en plus...
Le brun attrapa son esclave par la chemise et le releva sans ménagement. Il le fit reculer à pas rapides, le plaquant comme une brute contre le mur. Et comme ils faisaient presque la même taille, son visage se plaça juste en face du sien, à quelques centimètres.
Il soufflait avec force pour contenir le sanglot qui tordait ses entrailles pour monter à sa gorge, et ses traits dévisagées de colère laissaient s'envoler à chaque souffle quelques gouttes salées. Était-ce la première fois qu'il se laissait aller à « chialer comme une fillette » devant lui. Peut-être bien.
Quoi qu'il en soit, ses propres larmes rougissaient le blanc de ses yeux, ce qui donnait un effet assez effrayant, couplé à ses iris devenues rougeoyantes de colère.
Il perdait pied, angoissé, déchiré. Il savait bien qu'il ne pourrait rien faire pour le retenir auprès de lui, qu'en général on tuait les esclaves désobéissants, et que le fait qu'il meure revenait au même : il ne serait plus là. Égoïsme ou dépendance ? Quelle que soit la réponse, Enlil ne comprenait pas son propre cœur, il souffrait en aveugle, et c'était ce qui le faisait agir ainsi.
Sa voix s'éleva, toujours aussi grave, menaçante, mais à présent brisée.

« Alors qu'est-ce que je suis sensé te faire vivre pour tu restes ? Hein ? »

Il resserra ses poings sur son vêtement et rapprocha d'avantage son visage déformé et trempé.

« HEIN ? QU'EST-CE QUE JE SUIS SENSE FAIRE ??? »

Il reprit son souffle saccadé avant de reprendre, aussi fort, aussi rageur, mais cette fois-ci avec cette imperceptible note de tristesse.

« TE PUNIR ENCORE PLUS FORT ??? »
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Aaxeï
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MessagePosté le: Dim 23 Nov - 10:03 (2008)    Sujet du message: Comédies. Répondre en citant

Il reste un moment mort. Un moment interdit, les yeux grands ouverts et vides. Je crois que dans sa vie Aaxeï se serait crevé les yeux pour ne plus rien voir s'il n'avait pas été aussi curieux des choses.
Je crois que la curiosité est la chose qui le tient en vie.
Il reste là, immobile, ses yeux grands ouverts et vides même si très curieux, à détailler les yeux d'Enlil.
Il a réussi.
Il a réussi ...
Il observe avec une jouissance affamée la tristesse sur son visage, les traits tiré dans sa contemplation, les sourcils légèrement froncés, les lèvres serrées, le souffle court mais régulier et calme, emporté dans celui d'Enlil.
Repus de sa tristesse, il continue de contempler son hystérie. Et il a de la peine pour lui, parce que pour la première fois il perd le contrôle en sa présence, et pour la première fois, il a l'air tristement humain.
Tellement tristement qu'il regretterait presque d'avoir trop parlé.
Presque.
Mais il est temps, temps de rattraper la réalité. On lui souffle à l'esprit qu'il a alors deux choix : soit il saisit l'occasion, soit il ne la saisit pas. C'est peut être le moment de fuir ou d'être mort, ou alors le moment de continuer a etre un esclave.
Si jamais il n'y arrivait pas, au moins il ne pourrait pas regretter de ne pas avoir essayé. N'est ce pas ?
Il soupire et ses yeux se ferment, son visage se tord dans une espèce de peur à la fois écoeurée et excitée, ses mains enserrent les poignets d'Enlil.
Ses paupières se plissent, ses mains se reserrent, l'adrénaline monte. Enveloppe d'un voile épais chacune de ses pensées, fait voyager sa raison et affluer le sang et le sucre dans chacun de ses muscles. Il faut toujours beaucoup de cran pour prendre des risques, je crois, mais ce moment là où la conscience est comme dans une espèce de transe, c'est Le Moment. Si on attend le moment d'après, tout est déjà retombé et c'est trop tard.
Tout paraît trop lent mais la vérité c'est que les choses vont vite.

Et a peine a-t-il enserré ses mains autour des poignets d'Enlil qu'il est déjà en train de le pousser avec force, tout son visage crispé, et dans un effort pénible il plie un genou pour le glisser entre eux. D'un violent coup de cuisse, il pousse plus fort Enlil loin de lui et profite de l'effet de surprise pour s'arracher à son étreinte, s'accrochant toujours à ses poignets, pour les lâcher en le poussant un peu plus, une dernière fois. Est ce que c'est une tentative utile ? Je ne sais pas. Quoiqu'il en soit il l'a au moins éloigné de quelques centimètres, et en profite pour faire quelques pas sur le côté, longeant le mur.
Le stress agite chaque moindre petit vaisseau et il semble palpiter de tout son corps, observant Enlil.
Avec peur, cette fois.

"J'serais encore pire si tu fais ça. J'serais toujours pire jusqu'à ce que quelqu'un se décide à m'tuer."

Et disant ça, il referme fébrilement le bouton du haut de sa chemise, qui sautait quand Enlil le coinçais contre le mur.
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Enlil
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MessagePosté le: Dim 23 Nov - 11:47 (2008)    Sujet du message: Comédies. Répondre en citant

(A ceux qui, peut-être, suivent le topo... Cette histoire était prévue depuis un bail. J'ai pas juste pété un câble xD)


Ce fut l'effet de surprise qui permit en effet à Aaxei de se délivrer de l'emprise de son maître. Jamais. Jamais de leur vie Enlil n'avait subi tel affront de sa part. Se rebeller alors qu'il a encore plus que les autres fois mérité de se faire corriger...
L'acte illustrait à merveille ce qui se passait, et qui faisait tant de mal au leader. L'esclave le repoussait. Et il y arrivait bien en plus. Enlil était impuissant face à cette réalité.
Le pire dans tout ça pour le leader rebelle, était le fait que l'esclave ne répondait même pas à la question la plus importante. Que lui faire vivre pour le retenir ?
Il agissait comme ça soit-disant parce qu'un maître se doit d'agir comme ça envers son esclave. Mais le fait était au fond qu'Aaxei, qui était le seul à lui avoir procurer un vrai substitut d'amour, emplissait son cœur, plus en profondeur encore que l'exécrable Léthé. Sur ce point pas de doute sur le terme à employer pour désigner ses sentiments. Mais vous connaissez Enlil maintenant, et vous savez que lui et « les hommes » dans sa psychologie égal : nada.
Cependant le mensonge qu'Enlil s'était monté pour expliquer cette relation avec Aaxei se fissurait, et il entrevoyait à présent les contours de cette écœurante réalité.
Mais même un simple « je t'aime » ne suffirait pas à le faire rester. N'est-ce pas ?

La douleur du neveu Eadwig ne cessait plus de croître à présent, ses yeux posés sur cet Aaxei jubilant de le voir souffrir, qui le repousse, encore et toujours.
La folie. Oui la folie l'atteignit alors. Il ne répondait plus de quoi que ce soit. Il n'était plus capable d'émettre un jugement clair. Il n'était plus capable de se dégager de cet espèce de double-jeu qu'il menait aussi avec lui. Il tombait. Il tombait dans un vide sans fond. Et seul sa haine réussit à réactiver son instinct de survie. Il ne se laisserait pas abattre si facilement.
Il ne voulait pas rester ? RIEN NE POURRAIT LE FAIRE RESTER ??? Alors qu'il meurt ! Il le garderait jalousement pour l'éternité ainsi !

Enlil soufflait entre ses dents serrées, comme un taureau enragé, le regard rouge, terrifiant. Il aurait pu faire trembler de peur même le plus robuste des gladiateurs en cet instant.
Une veine décuplée battait frénétiquement sur sa tempe, et son regard conservait sa direction : les deux yeux d'Aaxei.
Qu'il meure. Qu'il meure.
Aaxei bougea alors. Ses mains s'élevèrent et virent agripper ses propres bras du bout des ongles. A plusieurs reprises, ses doigts frémirent, s'élevèrent un peu plus en direction de sa gorge. Enlil venait d'activer son pouvoir dominant. Il fixait l'esclave comme un dément... Ce serait un crime passionnel. Oh oui. Les doigts de la main droite d'Enlil vinrent se poser vaguement sur sa propre joue, frolant ses lèvres entrouvertes. Son visage venait de changer. C'était à présent celui d'un déséquilibré mental.
Mais quelque chose clochait. Les membres d'Aaxei n'obéissaient pas ou du moins difficilement. Ses mains avançaient puis reculaient de leur but ultime, comme une vidéo mal réglée qui a buggée et dont l'image trésaille.

Alors un gémissement de désespoir sortit de la gorge d'Enlil, sans qu'il ne puisse le retenir. Il réalisait, plus ou moins bien sûr, à travers la folie qui lui emprisonnait l'esprit, pourquoi ça ne marchait pas. Évidemment. Il ne pouvait tuer les gens qu'il aimait.

S'il le punissait plus durement il serait pire ? De plus en plus pire jusqu'à ce que quelqu'un le tue ? Okay. Alors il punirait plus durement. Il ferait tout son possible pour le dominer. Et dans le pire des cas à la fin, comme il l'avait dit après tout, quelqu'un le se déciderait à le tuer à sa place.

Son visage redevint dur et effrayant tandis qu'il relâchait toute emprise sur son esclave. En un bond il fut sur lui.

« On va voir... Si tu peux être pire que moi... »

Cela le gênait d'avoir un bouton déboutonné ??? Le grand brun attrapa alors la chemise et tira violemment dessus. Un bruit de déchirure et tous les boutons avaient sauté. Son poing alla s'écraser sur la face d'Aaxei avant qu'il ne l'attrapa de nouveau et l'envoie valser contre la table du petit salon.
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Aaxeï
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MessagePosté le: Dim 23 Nov - 19:00 (2008)    Sujet du message: Comédies. Répondre en citant

Il a seulement le temps, le temps de sentir les mains arracher sa chemise, même pas de regarder, juste de sentir le coup sur son visage. Il n'a même pas le temps de crier, même pas le temps de réaliser qu'il a mal, parce que déjà sa carcasse vient s'écraser sur la table. C'est comme si la table venait s'enfoncer dans ses reins pour lui casser le dos en deux. Est ce que c'est le dos, ou est ce que c'est la table ? Qui, qui a fait cet horrible sourd, le genre de craquement qui résonne dans les nerfs tellement fort qu'il en donne mal aux dents ?
Le sanglot lui échappe, suivi d'un râle sourd. Douloureusement cambré sur le bord de la table (tiens Angel aussi s'était pris un bord de table o_o) , il s'y agrippe, se retourne mais avec difficulté, ce qu'il veut c'est s'appuyer dessus, sur la table. Appuyer ses coudes sur la table, reprendre ses esprits pour pouvoir se défendre. Il n'a sûrement jamais été dans une situation aussi grave. Son coeur s'acharne a toujours aller plus vite, plus fort, il n'entend vraiment plus que ça. Ca ne l'aide pas.
Ca l'obsède.
Il prend appui enfin, mais pas comme il voulait. Il aurait trop mal s'il se courbait, et dans le bas de son dos, bleuït déjà un ématome très large. Il repose ses épaules au bout de ses bras tendus, ses mains a plat sur cette table qu'il maudit d'avoir été là.
Enlil va sûrement surgir d'une seconde à l'autre, lui montrer a quel point il est pire, pire que tout.
Alors Aaxeï se retourne, une nouvelle fois, pour refaire face a Enlil. La lumière semble avoir brusquement chuté. Mais il ne se rappelle pas quand. Il distingue mal, ou alors c'est du flou. Ses yeux se plissent mais la silhouette devant lui ne devient pas plus nette. Il fait un pas médiocre vers ce qu'il distingue d'Enlil, et autre pas qui l'éloigne définitivement de la table.
Le monde a l'air de basculer, et il s'accroche, s'accroche aux épaules d'Enlil. Ou peut être ses bras. Mais ça n'a pas arrêté le monde qui bascule toujours et se dérobe sous ses pieds, quand il tombe à genoux devant lui, toujours suspendu à ses bras.
Oui, ce sont plutôt ses bras.
Et sa gorge se déploie, quand il lève son visage vers le sien. Il se sent tellement mal que même la douleur ne perce pas ses traits. Et il essaie, de lui dire quelque chose.

"Je ne peux pas.", il n'a pas de suite à sa phrase. Qui était plus un souffle. Il n'articulera plus si bien les fois d'après.
Il inspire, et un sanglot lui arrache les entrailles. Un sanglot de mal, vraiment mal.
Son visage retombe et son front s'appuie sur la cuisse d'Enlil. Dans le cerveau d'Aaxeï, ces choses n'ont plus tellement d'importance.
"J'suis pas ... Je n'suis pas pire que toi ..., il hoquette une fois, silencieusement. Ca sert à rien que tu le prouves."
Les derniers mots dans un chuchotement, parce que c'est moins pénible comme ça, et ses bras trop fatigués tombent des bras d'Enlil, tombent sur ses pieds où ses doigts se cramponnent.
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Enlil
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MessagePosté le: Dim 23 Nov - 20:13 (2008)    Sujet du message: Comédies. Répondre en citant

Enlil le regardait, de son regard rouge de démon, soufflant encore avec force, les poing serrés par la douleur et par la haine que son cœur soit ainsi maltraité. Il l'observa, plié en deux sur la table, et à cet instant précis, un éclair traversa son esprit. Oui... De cette façon-ci...
Ses sourcils se froncèrent d'avantage, ses dents crissèrent sous la pression qu'il leur faisait subir. Et l'autre se retourna et tituba jusqu'à lui. Il n'eut aucun mouvement pour retenir sa chute, et même la plus explicite des soumissions, comme s'agenouiller face à lui, ne pourrait plus retenir sa démence. Le mal était fait. Son cœur saignait et attisait sa folie comme le drapeau rouge du toréador attise celle d'un taureau.
Et ses paroles... Ses paroles oui, ne firent qu'empirer les choses jusqu'à leur paroxysme, car elles lui rappelaient que quoi qu'il fasse, il l'avait perdu. Mais c'était les paroles d'un homme qui a peur, et qui tente de stopper son prédateur... Il lui ferait payer.

« Tais-toi... »


Sa voie blanche tremblait, mais restait forte. Il ne voulait plus entendre de telles paroles, il ne pouvait plus en supporter d'avantage. Pourquoi ? Pourquoi donc s'acharnait-il à lui faire tant de mal ? Ses traits se plissèrent en tristesse et il réussit à retenir son sanglot, une fois de plus, même s'il était monté très haut cette fois-ci.

« TAIS-TOI !!! »

Il le souleva alors avec force, et le fit reculer de deux pas pour l'asseoir sur la table. Sa voix s'était à nouveau brisée et les pleurs qu'il refoulait honteusement et douloureusement fouettaient toujours plus violemment la digue de sa retenue.
Lui faire connaître pire que ce qu'il a toujours connu. Escalader dans la violence comme il escalade sa fuite, pour le retenir, dernier but, irréalisable. Le tuer, non plutôt, tuer son esprit fugitif. Le dominer, une dernière fois, puis le tuer, lui.
Enlil était définitivement perdu dans sa folie. Pas de marche arrière possible. Il ne répondait plus de rien, depuis un moment déjà. Sa raison l'avait quitté. Seule sa passion, dont la traduction oscillait de haine à amour, contrôlait ses gestes et ses mots, déchirait son cœur à l'en rendre fou.

Dans ses pensées plus qu'une image alors ne dominait. Celle de sa mémoire, Aaxei penché sur la table. Ses plus basiques instincts s'étaient éveillés, et outre-passèrent tout.
Il le retourna, attrapa un de ses poignets qu'il retourna dans son dos, l'immobilisant sous peine de lui briser l'épaule. En un rien de temps, le haut de son pantalon et celui d'Aaxei avaient sauté...
Il relâcha son poignet et le fit se pencher sur la table. Aaxei, déjà bien maté, était facile à maîtriser.
Le leader rebelle se pencha avec lui, et une fois son visage près de sa nuque, sous son oreille, son sanglot explosa enfin. Incontrôlable, tandis qu'il appuyait son nez à son cou. Mais sa démence, encore une fois, était allée trop loin pour que ses regrets d'en arriver à ça ne le retiennent. Ses yeux rouges de folie redevinrent durs de colère, fulminants de haine, tandis que l'excitation sauvage montait en lui rapidement.

Et alors le bas de son dos ondula avec force, et ses hanches se retrouvèrent plaquées sur ses reins...
Même les cris d'Aaxei ne purent retenir la suite, les allers-retours violents qu'il opéra en lui.
Il n'y avait plus aucune connexion logique dans son cerveau, juste ce grésillement dans sa tête, omniprésent, assourdissant, qui indiquait qu'il avait perdu le contrôle, péter une durite. Et Aaxei, sous lui.
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Aaxeï
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MessagePosté le: Dim 23 Nov - 20:42 (2008)    Sujet du message: Comédies. Répondre en citant

Comme d'habitude, les choses arrivent vite. Très vite.
Il se voit à peine assis sur la table, il commence à croire sans y croire vraiment que tout va s'arranger. Oui.
Tout va s'arranger Aaxeï, tu verras. Les choses s'arrangent douloureusement, il ne proteste même pas quand Enlil le retourne et même la douleur lancinante de son épaule qui se propage jusqu'au bout de ses doigts ne lui arrache pas le moindre son.
Prévoyant, c'est peut être que son cerveau libère des choses dans son corps qui le rendent aussi passif.
Ou peut être que c'est la peur.
Ou alors c'est la résignation.
Et c'est sûrement ça, en fait. Parce que c'est ça, le pire. Aaxeï sait très bien qu'Enlil ne le tuera pas. On sait pourquoi sans vraiment le savoir, c'est une évidence pas si évidente que ça. Quand il aura fini ce qu'il s'apprête à commencer, peut être qu'alors il redeviendra calme.

Mais les choses seraient trop faciles, si Aaxeï se contentait de se laisser violer par Enlil.

Il va enfin réaliser la violence de la réalité, son buste maintenu contre la table alors qu'il récupère son bras meurtri, se l'enroule entoure de la tête comme une armure obsolète. Ca n'a pas encore réellement commencé.
Ca n'a pas encore réellement atteint son cerveau ...
Il frémit d'horreur au sanglot sur sa nuque. L'horreur éveille doucement ses sens, il reprend vraiment conscience.
Son corps se crispe sous l'effet d'une douleur inconnue que la nervosité et la peur accroissent. Son souffle se bloque, sa bouche s'entrouvre en un rictus misérable, puis se referme fort, fort.
Même au travers de ses lèvres pincées, le cri rauque qu'il pousse résonne de façon glauque et se cogne aux murs de la pièce. Ses voies respiratoires sont béantes quand il reprend son souffle et qu'il gémit encore de douleur, sanglotte de honte, mais ses dents se resserrent quand ses gémissements commencent à boire toute la colère accumulée durant vingt ans, et elle émane de chaque pore de chaque parcelle de sa peau moite.
La douleur physique laisse place a une douleur psychique tellement intense qu'il sent qu'il en perdrait la raison. Il replie tant bien que mal ses coudes sous son torse pour se prendre la tête entre ses mains, pleurant parfois entre les gémissements qu'il n'arrive même pas à contenir. Le bourdonnement dans sa tête ne fait plus que grandir pour devenir assourdissant, de telle sorte qu'il n'entend même pas le hurlement haineux qu'il pousse et à partir duquel les choses vont changer.
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Enlil
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MessagePosté le: Lun 24 Nov - 07:03 (2008)    Sujet du message: Comédies. Répondre en citant

Enlil ne contrôlait plus rien. Pas même les mouvements de son bassin contre le sien, de ses mains qui le tenaient prisonnier. Dans sa tête grésillante résonnaient ses gémissements de douleur, comme amplifiés, ses pleurs. Quelque chose de bizarre se passait en Enlil qui vivait la chose avec une sorte d'indifférence troublée. Sa folie à son summum, il n'était plus capable de penser et ressentir comme le Enlil normal. Contrairement à ce qu'il aurait pu attendre, violer l'impudent ne lui procurait pas de plaisir sadique de domination. De même, il n'avait pas plus l'impression de le posséder. L'acte était comme vide.
Il entendit alors une fausse note. Un hurlement.
Etait-ce Aaxei ? Jamais il ne l'avait entendu hurler de la sorte. La haine et la colère perçaient dans cette voix soudain différente. Ce cri à travers la nuit noire, le brouillard épais de son esprit, interpella sa raison. C'était un peu comme un appel, même ça n'en était pas un. Comme une canne à pêche dont l'hameçon venait d'accrocher la partie noyée de sa conscience.

Mais il n'eut pas le temps de réaliser ou de regagner son calme par lui-même que ses gestes s'arrêtèrent. Quelque chose... N'allait pas. Quelque chose... Avait débuté, plus exactement.
Et alors que la démence dans la tête du rebelle perdait rapidement de la vitesse, il se sentit mal. Instinctivement, d'un coup de rein il se dégagea de la table et de son esclave, reculant de deux pas maladroits. Il se prit vivement la tête entre les mains, les yeux horrifiés devant Aaxei courbé sur la table. Mais l'horreur ne dura qu'un court instant. Ses mais toujours sur sa tête descendirent pour griffer ses joues puis son cou, puis elles s'immobilisèrent, vacillantes face à lui. Il les observait d'un air terrifié et elles semblaient vouloir se jeter sur lui pour l'écorcher vif. Il semblait se débattre pour les garder à distance. Sa respiration était devenue haletante et bruyante. Il resta un moment à se démener intérieurement.

*Que... Se... Passe-t-il ?...*

Il poussa un grognement combattif tandis que ses doigts animés d'une vie propre s'approchait dangereusement de son visage.
Le souffle court, il tomba à genoux et gémit quand ses ongles réussirent à outre-passer le contrôle qu'opérait son esprit et s'acharnèrent sur ses avant-bras jusqu'au sang, s'approchant dangereusement de ses veines.
Était-ce son pouvoir qui se retournait contre lui ?
Il rejeta sa tête en arrière et poussa un cri, tentant de faire son possible pour rester en vie. Ses mains grimpèrent jusqu'à ses cheveux soyeux qu'elles agrippèrent, comme pour en arracher deux grosses poignées.
On put l'entendre souffler avec force, comme un haltérophile qui force pour soulever un poids légèrement trop lourd pour lui, et son visage revint face à lui. Ses sourcils étaient froncés et on pouvait voir qu'il combattait toujours.



Et alors il croisa le regard d'Aaxei.
Il ne savait pas quand ce dernier s'était redressé, s'était retourné.
Mais peu importait la réponse.
Les traits du leader semblèrent se figer. Sa respiration s'arrêta. Ses prunelles quasiment redevenues marron, dans les siennes, vertes... Striées de rouge.




Ce pouvoir qu'il connaissait si bien, à cet instant ne venait pas de lui. Mais maintenant qu'il connaissait sa source, il fut plus apte à le combattre. Vacillant, il réussit à mettre un pied au sol devant lui, et s'en aida pour se relever. Sa grande silhouette sculptée était redevenue imposante, semblant retrouver de sa force. Enlil, la démence ayant disparue de son visage, et à nouveau redressé de toute hauteur, avait retrouvé son allure d'élite. Ses bras tatoués tremblaient frénétiquement le long de son corps alors qu'il avait presque fini de mater l'attaque. Il avait le dessus, évidemment.

Mais quand il eut repris le total contrôle de son corps, cela ne sembla pas l'enchanter plus que ça. Il se contentait de fixer Aaxei. Ses lèvres étaient ouvertes, béantes. Ses yeux ne reflétaient plus la haine, mais la surprise... Puis l'effroi. Ses traits se déformèrent peu à peu. Ce n'était même plus de l'effroi. C'était de la terreur.

Il fit un pas en arrière. Puis un autre. Et encore un, puis deux, puis trois... Et son dos rencontra le mur. Il glissa pitoyablement le long de la tapisserie et ses fesses se retrouvèrent entre ses chevilles.
Ce qu'il y avait de pire à cet instant ?



Le silence.




(Aïe... x] )
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MessagePosté le: Lun 24 Nov - 11:57 (2008)    Sujet du message: Comédies. Répondre en citant

Il s'était redressé, est ce qu'il avait vraiment réussi ? Il y avait un silence horrible jusque là, et ça dure toujours. Il s'était redressé, et ses iris rougis s'étaient fixés sur Enlil. Son regard était dur, réellement dur, pour la première fois de sa vie, à ce point là.
Et il regarde, il regarde toujours Enlil.
Enlil qui a l'air de se gratter les bras à s'en arracher la peau, le cou, tout ça, bien sûr, il n'a pas seulement l'air. Il le fait, évidemment. Même si ce n'est pas vraiment lui. Aaxeï a relativement conscience que c'est lui, mais sans que cette évidence n'éveille chez lui un sentiment de quelconque satisfaction. Il regarde. Il fixe Enlil, ses yeux grand ouverts. Sa bouche comme une crevasse, déformée encore par l'horreur de l'horreur.
Et sa respiration est courte, elle est en train de se calmer.
Il regarde Enlil.
L'expression désabusée de son visage laisse Aaxeï perplexe.

Il se redressait. Enlil redevenait Enlil, Et Aaxeï tâchait d'oublier que l'espace d'un instant, il avait été Le Pantin d'Aaxeï.
Il baisse les yeux, sur le sol, suit au bruit les déplacements d'Enlil qui s'en va vers le mur.

Alors Aaxeï quitte la table, s'approche du mur. Pas le mur d'Enlil, l'aure mur. Celui d'en face, celui qui est de l'autre côté de la table. Il se laisse tomber par terre, ses jambes étendues devant lui, ses mains posées à plat sur ses cuisses. Ses yeux coulent toujours, mais il ne pleure plus vraiment.
Il est seulement choqué.
Il est seulement surpris.
C'est seulement qu'il n'est pas sûr de comprendre.

"J'suis pas sûr de comprendre ..."
Sa voix s'élève, rauque et brisée, douce dans le silence qui devenait réellement trop lourd, trop dur, trop sourd.
Il lève les yeux sur Enlil et les baisse aussitôt, sur ses mains. Ses jambes se replient contre lui, il les entoure de ses bras et laisse son menton reposer sur ses genoux.
"Je suis pas sûr de comprendre ce qu'il vient de se passer."

Mais il pense avoir très bien compris, tout. Il n'est pas si idiot. Il veut juste être sûr.
Il commence juste à se demander si c'était vraiment vrai.
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MessagePosté le: Mar 25 Nov - 09:25 (2008)    Sujet du message: Comédies. Répondre en citant

(Bon je me mets en « présent »...)

Et est-ce que ça l'est ? Est-ce... Vraiment vrai ?
Enlil ne bouge pas. Et je ne saurai pas exactement dire à quoi il ressemble à cet instant. Le dos au mur, les genoux au sol, les fesses aussi, entre ses chevilles. Son visage n'a pas changé. Bouche bée, regard ahuri, cheveux en désordre. Ses bras pendent lamentablement le long de ses flancs, ses mains reposent à moitié sur la moquette. Et le silence. Toujours ce silence, qui retombe encore plus lourdement une foix qu'Aaxei a terminé de s'exprimer. La colère a disparu. Du moins de chez Enlil. Mais le calme relatif qui semble l'habiter cache les bonds furieux de son cœur, cognant de sourds coups sous sa cage thoracique. Il est choqué lui aussi. Et c'est pour ça que pour l'instant, son cerveau semble incapable de réactiver le mode réflexion. Il lui faut un temps de réadaptation pour ça, comme les yeux après le flash trop violent d'un appareil photo. Puis la dernière phrase de l'esclave revient, lancinante. Comme un poison à vrai dire, car au fond Enlil aimerait ne pas songer à elle, parce qu'elle le force à réfléchir. Et il ne veut pas. Il sait que dès qu'il se mettra à cogiter, son monde s'écroulera. Comme un poison... Car elle se diffuse quand même dans son esprit, connecte ses neurones, devient de plus en plus intelligible.
Je suis pas sûr de comprendre ce qu'il vient de se passer.

Ça y est, le leader rebelle retrouve ses facultés physiques. Cela se traduit par ses mains qui s'élèvent lentement, et viennent couvrir son visage, parce qu'il ne veut plus voir. Un observateur à cet instant pourrait se désintéresser de la scène devenue ennuyeuse, et constater enfin l'atmosphère paisible qui règne en réalité dans ce petit salon. De la moquette sur le sol, de la tapisserie sur les murs, une table, un ou deux fauteuils, et une lumière tamisée. Si quelqu'un entrait à cet instant, il ou elle serait bien loin de se douter de...
Ce qu'il venait de se passer.

Son visage pâle toujours caché derrière ses doigts, Enlil a du mal à remettre ses idées en ordre. De l'ordre oui, il lui faut de l'ordre. Maintenant que sa folie est passée, il doit dresser le bilan des dégâts. Un fait après l'autre, il dresse la liste chronologiquement. A chaque fois que sa mémoire l'amène un peu plus en avant dans le temps, il sent ses traits se déformer derrière leur masque de chair et d'os. Instant après instant, il réalise à quel point il a encore une fois perdu le contrôle. Instant après instant, il réalise à quel point cette fois-ci est la fois en trop. Instant après instant, puis finalement jusqu'au gong final, il réalise que c'est la conclusion d'un épisode de sa vie. Il y a un avant, il y aura un après...

Ses doigts glissent doucement, et dévoilent son visage ravagé par l'horreur. Ce moment qu'il lui aura fallu pour réfléchir a aussi servi à Aaxei. Sûrement qu'il a du cogiter, lui aussi. Enfin peut-être.

« Seul... »

Sa voix est un peu cassée, et dans son timbre on sent l'effroi.

« Seul mon père possédait ce pouvoir... C'est un pouvoir qui se transmet par les gènes... Et il ne l'a transmis qu'à moi !! »

Il y a presque comme une pointe de reproche dans ses derniers mots. Pointe de reproche qui semble dire « alors pourquoi toi tu l'as ??? ». Pointe de reproche qui au fond n'en est pas une. Juste le ton qu'emploie ceux qui ne veulent pas voir la réalité, même si en l'occurrence il la voit trop clairement. Son regard apeuré trace tout droit jusqu'à celui d'Aaxei.
Le pouls d'Enlil accélère encore, et une sueur froide couvre son front et ses tempes. Son cerveau imprime la dure réalité, conséquence directe du fait constaté. Aussi nouveau que cela puisse paraître, aussi imprévu, aussi inattendu, aussi grotesque, la déduction logique est qu'Aaxei et lui partage le même sang. Comment on appelle ça déjà ?... Ah oui, je crois m'en souvenir...
Frère.

C'est ce mot, qui percute soudain brutalement sa conscience. Un flash voile ses yeux l'instant d'une seconde, celui d'Aaxei, penché sur la table. Les yeux d'Enlil se lèvent au plafond, et un brusque haut-le-cœur soulève sa poitrine. Il se penche sur le côté, et une partie du contenu de son estomac lui échappe.


Aaxei a compris. Oui il est sûr qu'Aaxei a compris lui aussi. Pas besoin de lui faire un dessin. Enlil s'agite soudain. Il s'écarte de la petite flaque, horrifié, paniqué par ce qu'il vient de comprendre. Il n'a jamais réellement voulu faire de mal à Aaxei. Il est autant victime de son pétage de câble. Même sans révélation choc il aurait souffert de ce qu'il venait de faire. Mais apprendre qu'il était son frère, puis se souvenir que durant sa démence, il l'a violé, cela dépasse largement ce qu'il peut supporter psychologiquement.
Il semble perdu, il regarde un peu partout mais la seule chose qu'il arrive à faire c'est se mettre à genoux et se retourner, appuyer son front au mur, et laisser s'échapper une longue plainte douloureuse et brisée, qui vient des tripes. Les larmes ruissellent sur son visage et inondent la moquette.

*Qu'ai-je fait ?...*

Il vient de perdre le contrôle de lui-même encore une fois, et de faire des choses qu'il n'aurait jamais voulues. Il vient de violer cet être qui lui est si cher. Et il vient d'apprendre que c'est son petit frère.
Ses mains viennent agripper ses cheveux sur ses tempes et un second cri déchirant s'échappe de sa gorge. C'est la première fois qu'Aaxei le voit ainsi. Et même que personne ne l'a jamais vu ainsi. Car c'est la première fois qu'il atteint cet état inquiétant.
Il se sent mal, si mal... Mal n'est pas un mot assez fort. Il se hait lui-même, et souffre.



(Pfiou u,u peut-être bien que c'est mon plus long message sur ce forum tiens.)
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MessagePosté le: Mar 25 Nov - 11:25 (2008)    Sujet du message: Comédies. Répondre en citant

Aaxeï observe longtemps Enlil.
Il le regarde quand Enlil lui balance le truc à propos du père. Il baisse les yeux, comme pour compatir. Mais bon compatir, est ce qu'il compatit vraiment ? Pour lui c'est plutôt une bonne nouvelle. Cependant je vous accorde qu'il n'a aucun mal à cacher sa joie. Il faut dire que ça ne l'enchante pas de voir Enlil pleurer.
C'est pire que ça, ça le bouleverse.
Aaxeï avait toujours vu Enlil comme une personne innébranlable, ce qu'il est. Il l'avait toujours considéré avec respect, jusqu'à ces derniers temps. Même aujourd'hui, il ne s'agit pas tant qu'un manque de respect que d'un point de non retour qu'Aaxeï avait atteint, il a besoin d'être libre. De s'en aller. Tant pis pour le reste, même si c'est dur. Aaxeï avait toujours pensé que ce qui permettait à Enlil de tenir le coup c'était une distance qu'il mettait sans doute entre lui et les gens. Il le voyait au dessus de tout ça, indifférent et donc en sécurité.
Il n'aurait jamais imaginé que lui, Aaxeï, le mettrait un jour dans cet état.
Et n'allez pas croire, ça lui fait mal. Quelque part, même si ça lui fait du bien aussi.

Et il continue d'observer Enlil. Discret, silencieux. Décoratif.
Une grimace transperce son expression blasée quand un flot de vomi jaillit de la bouche d'Enlil. L'éveil acide du volcan. Il y a toujours de quoi beaucoup écrire sur les façons de vomir de telle ou telle personne, mais bon, je ne voudrais pas vous dégoutter.
Son nouveau cri lui arrache l'âme du corps, ses organes se serrent entre eux comme s'ils étaient glacés soudain.
Et comme Enlil ne le voit pas, il se lève, maintenant toujours sa chemise fermée d'une main.
Il s'approche à pas de loups de lui, arivé à sa hauteur, s'agenouille à côté. Un peu en retrait, derrière. Il lève un bras au dessus de sa tête, hésitant un instant, et puis sa main s'étend et se pose délicatement sur son crâne. Le visage baissé, il regarde Enlil d'un oeil inquiet.
Il ne sait pas réellement quoi dire. Il pense que le silence est mieux.
C'est la toute première fois qu'il entreprend d'essayer de consoler une personne.
C'est la toute première fois depuis la mort de sa mère que sentimentalement, il est aussi proche de quelqu'un.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 15:10 (2018)    Sujet du message: Comédies.

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